À 73 ans, Michel Drucker se retrouve pour la première fois seul en scène

Publié le : 26/01/2016 à 15h33

À 73 ans, Michel Drucker se retrouve pour la première fois seul en scène
L’animateur dans son bureau au studio Gabriel, à Paris en 2010. Autour de lui, de nombreuses photos souvenirs personnelles. Photo Christophe Lefebvre

Détenteur du record de longévité, l’animateur de télé a décidé de partir en tournée pour raconter, en public, ses cinquante ans (et plus) de carrière. Ses souvenirs personnels, ses anecdotes, ses coulisses, qui, par la force des choses, sont aussi un peu les nôtres. À découvrir le 13 février, au théâtre Sébastopol à Lille.

L’annonce de votre tournée en a étonné plus d’un. Pourtant, l’idée ne date pas d’hier…

« J’y pense depuis très longtemps. Jean-Claude Brialy me disait toujours : Quel dommage que le public ne t’entende pas quand tu racontes les coulisses du métier, tu le fais avec beaucoup d’humour ! Tu devrais le faire. Tu te rends compte ? Tu as touché à la coulisse du théâtre, du cinéma, de la télévision, du spectacle, de la chanson, du sport… C’est lui qui m’a donné l’idée. Et puis, à force de présenter des gens qui font de la scène, beaucoup m’ont dit d’y aller. J’ai fini par me dire que si j’attendais trop, j’allais le regretter. Je n’ai plus 20 ans. Alors, je me jette à l’eau. »

– Comment raconter cinquante ans de carrière en 1h30 ?

« Je choisis des moments précis, des images (des photos défileront derrière moi), des flashs, qui représentent toutes les décennies, toutes les émissions que j’ai connues, les différents types d’invités. Ça commence dans les années 1960, avec un hommage à Léon Zitrone et à tous ceux qui m’ont permis de découvrir la télé à travers le sport. Et puis, je raconterai mon Johnny à moi, mon Belmondo, mon Delon, ainsi que les hommes politiques tels que je les ai vus, par le petit bout de la lorgnette. Il y aura aussi un hommage aux grands disparus : en cinquante ans de carrière, comme beaucoup de téléspectateurs, j’ai perdu en route tout un pan de l’histoire du métier, de la chanson, du cinéma… »

– Ces dernières années, vous vous êtes beaucoup raconté, notamment dans vos livres. Avez-vous encore des anecdotes inédites ?

« C’est vrai, mes souvenirs sont ceux des gens, alors ils ne vont pas être dépaysés. Sauf que je vais leur raconter la coulisse, les conversations dont je n’ai jamais parlé. »

– Dans quel état d’esprit êtes-vous au moment de partir en tournée ?

« Je suis pétri de trac. Je ne fais pas ça pour que les gens me connaissent, pour des raisons financières, pour être engagé au cinéma. Je fais ça parce que j’ai envie, pour la première fois, après toutes ces années, de voir le public de près. Je ne le vois jamais, je ne fais que le croiser brièvement. Là, on sera enfin face à face. »

– Vous n’avez ni fait appel à des auteurs ni appris vos textes par cœur…

« Non, je sais exactement ce que je vais raconter, j’ai un canevas, mais je veux me laisser la liberté d’improviser. Je suis un homme du direct, de la spontanéité. C’est pour ça aussi que j’ai refusé de faire appel à des auteurs. Je ne voulais surtout pas qu’il y ait de confusion et qu’on pense que j’allais faire un spectacle comique. Je ne cherche pas la vanne. Tout ce que j’écris est de moi et je veux le restituer à ma manière. »

– Votre carrière est hors-norme. Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été journaliste et animateur ?

« Médecin, comme mon père. C’est mon grand regret. Mais je réalise ce rêve sur scène. Je raconte qu’un jour, une patiente de mon père qui me regardait à la télé, lui a dit : Votre fils, c’est un médecin des âmes. Quelque part, je me considère comme le médecin de la télé. »

– Vous arrive-t-il d’avoir peur que tout s’arrête du jour au lendemain ?

« Non seulement je n’ai pas peur, mais je m’y prépare, parce que je suis le recordman absolu, le seul à être là depuis 51 ans et à avoir encore pignon sur rue et une émission importante, y compris des 20 h 30. Il ne faut pas se tromper : le jour où ça s’arrêtera, je n’irai pas me plaindre. Ce que j’ai vécu est formidable. Et mon métier, demain, sera peut-être la scène, la radio, la presse écrite, l’écriture de livres… »

– Quelles sont les qualités qui ont fait votre succès et que les autres animateurs n’ont pas ?

« Je ne sais pas. Je suis le premier étonné de voir que j’en suis à ma troisième génération de téléspectateurs et qu’ils me sont si fidèles. C’est incroyable. Peut-être est-ce parce que sur 50 ans de télévision, j’en ai passé 45 le week-end, le samedi soir, le dimanche après-midi. Et qu’on ne regarde pas la télé le week-end comme on le fait les autres jours de la semaine. Le week-end, les gens veulent oublier leurs soucis et je pense que nos émissions, à des gens comme Patrick Sébastien et moi, sont de bons médicaments pour ça. »

Samedi 13 février, à 20 h 30 au théâtre Sébastopol, place Sébastopol à Lille. Tarifs : de 37 à 43 €.




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