Livre. Michel Drucker raconte les hauts et les bas des stars

Publié le : 14/10/2013 à 15h30

Livre. Michel Drucker raconte les hauts et les bas des stars

À 71 ans et un demi-siècle de carrière derrière lui, Michel Drucker, l’animateur vedette de la télé, est bien placé pour parler de toutes les stars passées de la lumière à l’oubli.

Attention danger ! Dans son livre, Michel Drucker évoque tous ceux qui sont tombés du train de la gloire. Ceux qui ont tenu le haut de l’affiche comme d’autres qui ont disparu des écrans radars. Les morts et les vivants. « Regardez les artistes de la tournée Âge tendre et Têtes de bois ! Des gloires remises dans la lumière après des années passées dans l’ombre. »

Comme il le dit lui-même, lui a eu la chance d’être viré de la télévision publique en mai 68 par le pouvoir. « Je suis resté chômeur pendant un an et j’ai compris très tôt les dangers et la fragilité du métier. Plus tard, je me suis fait une garde rapprochée qui m’a toujours dit la vérité et ne m’a jamais considéré comme une vedette. »

On l’appelle le Boss

Il le sait et, au fond de lui, il s’en moque. « En général, quand on est un dinosaure, on est un vieux monsieur, non ? » Lui, ne se voit pas avec ce regard-là. « Parce que j’ai la même anxiété qu’à mes débuts. J’en suis à ma troisième génération de chanteurs, d’hommes politiques, de comédiens… Beaucoup me demandent des conseils, et franchement ça m’épate toujours. Mais je n’oublie pas qu’un patron de chaîne m’a dit un jour que j’étais fini. J’avais 47 ans. C’est Depardieu qui m’a remonté le moral ! »

Déçu par Bécaud, Montand…

Comme Dick Rivers ou le commandant Cousteau et d’autres, Gilbert Bécaud et Yves Montand en prennent pour leur grade. « J’ai été critique avec eux tout en restant politiquement correct. J’aurais pu être plus sévère avec d’autres. J’ai voulu dire que dans monstres sacrés, il y a monstres. » Que certaines stars ne sont pas dans la vraie vie tout à fait conformes à l’image qu’elles donnent.

C’est qu’il a une grande expérience de tout cela. « Mais ma tristesse d’être là depuis longtemps, c’est qu’on a laissé en route beaucoup de copains. Heureusement, il y a encore une poignée d’octogénaires qui font encore le métier comme Charles Aznavour, Jean Piat, Hugues Auffray, Line Renaud, Charles Dumont, Michel Galabru, Philippe Bouvard… »

Ému par Belmondo, Charden et Romy…

L’Ina conserve plus de 6 500 heures d’émissions tournées par Michel Drucker. Des hommages rendus aux disparus comme Jean Ferrat, Louis, De Funès, Lino Ventura, Claude François, Serge Gainsbourg aux émissions cultes réalisées du vivant des artistes « Récemment, leVivement dimanche avec Belmondo, à l’occasion de ses 80 ans, a été très émouvant. »

Comme la dernière apparition à l’écran d’Eric Charden. « Il a été hospitalisé juste après l’émission. Je savais qu’on se voyait pour la dernière fois. »

Mais Michel Drucker se souvient de l’appel de Romy Schneider en 1982.« Un soir, elle m’a demandé de venir à Champs-Élysées après la mort de son fils. Elle s’est adressée alors à la presse dite à scandale qui avait publié la photo de son enfant à la morgue. Je revois le moment où, droit dans la caméra, elle a regardé les paparazzi qui ont osé faire cela. »

Pour un retour de Renaud

Les deux hommes sont voisins en Provence. Il arrive à l’animateur d’aller voir le chanteur plongé dans la mélancolie. « J’essaie de le convaincre qu’il faut revenir. Ah Renaud ! Ce serait ma plus belle victoire s’il acceptait de refaire une émission de télé. Même s’il ne chante pas et que les autres chantent ses chansons. ».

Bienveillant, Michel Drucker ? Un euphémisme. Il pense souvent à Danièle Gilbert. « Je trouve d’une grande cruauté qu’elle ne soit pas revenue à la télé depuis trente ans. Le pouvoir socialiste de l’époque voulait se payer une figure emblématique du giscardisme. Elle habitait Chamalières, elle avait reçu Giscard jouant de l’accordéon. Elle l’a payé ! Je vais la remettre dans la lumière un dimanche. Je suis sûr que les gens vont être contents de la revoir. »

Le public juge de paix

Ceux qui le snobent ne se doutent pas que c’est une histoire d’amour qui s’effiloche. Johnny Hallyday, lui, ne s’est pas trompé. « Il est là depuis plus de 50 ans. Même malade à crever, avec des piquouzes, il est sur scène. J’ai appris cela de mon père qui me disait toujours : Michel, n’oublie jamais que ce ne sont pas les vedettes et l’intelligentsia qui font ta carrière mais le public. »

La mémoire de Delon

« J’ai toujours en tête la phrase de Bouvard. Est-ce qu’untel t’a pardonné de l’avoir aidé ? » Les plus grands sont ceux qui ont le plus de reconnaissance. Michel Drucker le confirme et évoque pêle-mêle Céline Dion, Julio Iglesias, Alain Delon. « Fidèle dans les silences qu’on lui connaît, lui est toujours là. Quand mon frère Jean est décédé, il m’a appelé le soir à minuit pendant deux mois pour me souhaiter bonne nuit. Quand on sait son rapport très trouble avec la mort, ça vous marque à vie. »

La recette pour durer

« Ce que je sais, c’est qu’il faut être lucide et tenace. » S’inquiéter autant quand ça marche que quand ça ne marche pas. Travailler beaucoup aussi. Et « surveiller sa santé » comme tout bon hypocondriaque qui se respecte.

« Quand on est médecin on a un diplôme de médecin et, en principe on est médecin, toute sa vie. Là, on dépend de la télécommande. J’ai l’âge d’être à la retraite mais dans nos métiers, la retraite c’est le téléspectateur qui vous dit qu’il faut que vous la preniez. À 71 ans, je commence parallèlement une carrière au Canada. Je suis le plus vieux des jeunes animateurs. Moi non plus, je n’arrive pas à le croire. »

Pierre CAVRET.

Michel Drucker, De la lumière à l’oubli. Éditions Robert Laffont. 377 pages. 21,50 €.


Catégories : Revue de presse

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