Michel Drucker : Brialy me disait toujours : Quand est-ce que tu vas raconter ça aux gens ?

Publié le : 28/09/2017 à 16h42

Michel Drucker : Brialy me disait toujours : Quand est-ce que tu vas raconter ça aux gens ?

Photo d'archives

Dans son « Seul… avec vous », qu’il propose samedi au théâtre, l’animateur revient sur les coulisses de ses cinquante-trois ans de carrière.

Vous avez souvent raconté que vous devez à Jean-Claude Brialy la création de ce spectacle, le premier de votre carrière…

« On était voisins dans les Alpilles et à chaque fois, l’été, je m’arrêtais chez lui après avoir fait du vélo. Il y avait souvent une tablée autour de lui : Charles Aznavour, Jean Reno, Isabelle Adjani de temps en temps… Il me demandait de raconter les coulisses de mon année télé. À la fin, il me disait toujours : “Quand est-ce que tu vas raconter ça aux gens ? Ils ne savent pas qu’en plus tu es un bon conteur”. »

Vous avez écouté son conseil presque dix ans après sa mort…

« En 2014, j’ai été invité à fêter les cinquante ans de l’ ORTF. On m’expliquait que j’étais une figure emblématique de l’histoire de la télé avec Léon Zitrone et Jacques Martin. C’est à ce moment-là que je me suis dit : “Mais ce n’est pas possible, j’ai vécu tout ça moi ?” On m’a annoncé que j’avais 5 000 heures d’images… J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai créé ce spectacle pour décrire l’envers du décor. Pendant deux heures, je raconte les coulisses avec des personnages qui me sont proches. Ça va de Johnny Hallyday à Gérard Depardieu en passant par Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Céline Dion et trois présidents de la république : Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterand. Je rends aussi hommage à mes parents et à quelques grands disparus. »

« L’ASSE est le plus anglais des clubs français »

Parmi eux, Claude François est-il celui qui vous manque le plus ?

« Il y en a beaucoup... Sur scène j’ai choisi de parler des amis qui me manquent le plus : Annie Girardot, Lino Ventura, Jean Ferrat, Daniel Balavoine, Patrick Dewaere, Dalida, Romy Schneider… Mais Claude est effectivement un cas à part parce que c’est lui qui m’a présenté ma femme. On avait animé ensemble une émission qu’il produisait, Avec le cœur. Il me manque parce que s’il n’y avait pas eu ce drame, on serait sans doute associés. C’est la première fois qu’un chanteur et un homme de télévision voulaient s’associer. Mais il y a eu ce drame parce que Claude voulait tout faire. Et à force de vouloir tout faire, il avait oublié de vérifier si le circuit électrique de sa salle de bains marchait bien. »

Ironie du sort, il est décédé alors qu’il devait venir enregistrer l’une de vos émissions ( Les Rendez-vous du dimanche , NDLR)…

« Je l’attendais. C’est toujours très émouvant de parler de Claude parce qu’il m’a appris de nombreux trucs comme avoir un ton plus showman et je lui ai appris à se coucher un peu plus tôt… Il ne l’aura jamais su mais Jean-Pierre Bourtayre et Jean-Claude Petit, qui ont écrit et orchestré pour lui Magnolias for ever et Alexandrie Alexandra , sont à l’origine du générique de Champs Élysées. »

Si vous deviez retenir un moment en cinquante-trois ans de télé, ce serait lequel ?

« Le moment est sur scène, c’est la rencontre entre Serge Gainsbourg et Whitney Houston (en 1986 dans l’émission Champs Élysées , NDLR). C’est l’extrait qui a été le plus rediffusé de l’INA dans le monde entier. »

Aujourd’hui, ressentez-vous le trac des artistes avant de monter sur scène ?

« Maintenant, je sais ce que c’est d’être derrière le rideau et d’attendre qu’il se lève. Deux heures après, je repars. Entre-temps, c’est cinquante ans de la vie des Français qui défilent. Le seul-en-scène est l’exercice le plus difficile. Je ne suis pas comédien et je n’ai pas de partenaires sur les planches. »

« En prenant plus de volume, Romain Bardet peut gagner le Tour »

En dehors du divertissement, vous avez aussi été commentateur sportif et avez couvert cinq coupes du Monde de football pour la télé…

« J’en ai fait une avec Pelé (1970) puis avec Franz Beckenbauer et Johan Cruyff (1974) et trois avec l’équipe de Michel Platini (1978, 1982 et 1986). Mon dernier match, c’était le quart de finale du deuxième mondial mexicain Brésil-France à Guadalajara. À chaque fois que je me souviens de ce match, je repense à Coluche (décédé deux jours plus tôt, NDLR). »

L’ASSE tient aussi une grande place dans votre cœur…

« Je suis resté copain avec Rocheteau, “Curko”, Bereta… Je les vois de temps en temps. Saint-Étienne et le stade Geoffroy-Guichard, c’était une grande partie de ma vie. J’étais à Glasgow aussi pour la finale de 1976. Les Verts, c’était une aventure considérable et une équipe mythique. Avec le RC Lens, même si ce club est un peu dans les choux en ce moment, l’ASSE est le plus anglais des clubs français. Toutefois, la première fois que je suis venu dans cette région, ce n’était pas pour aller à Geoffroy-Guichard mais pour commenter la traversée du barrage de Grangent par le funambule Henry’s en 1965. C’était mon premier commentaire en direct. J’ai toujours été lié à Saint-Étienne, j’ai beaucoup d’amis qui viennent de là-bas : Bruno Gaccio ou Julie d’ Europe 1. Muriel Robin, j’ai connu ses parents qui vendaient des chaussures. J’ai aussi connu Roger Rivière. »

Grand amateur de vélo, quel regard portez-vous sur le cycliste brivadois Romain Bardet ?

« Il a eu un coup de moins bien dans la Vuelta mais il n’est pas loin des plus grands ! Le jour où il prendra un peu de volume et qu’il sera dans les cinq meilleurs au contre-la-montre, il pourra gagner le Tour. »

REPÈRE

Samedi soir

Michel Drucker dans Seul… avec vous , à 20 h 30, au théâtre du Puy-en-Velay.

Tarifs

De 10 à 35 euros.

Réservations

Tél. 04.71.09.03.45 ou www.spectacles. envelay.com.

"Ruquier est plus qu’un animateur, c’est un homme de télé complet. Il est le type qui m’épate le plus"

Michel Drucker

"La bienveillance est dans ma nature. J’ai toujours pensé qu’on obtenait plus de choses des gens quand on les interviewait dans un climat d’harmonie que dans un climat de piège et d’agression"

Michel Drucker

Propos recueillis par Fred Sauron 
frederic.sauron@leprogres.fr

 


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