Michel Drucker et les stars oubliées, samedi à Montpellier

Publié le : 02/12/2013 à 17h58

Michel Drucker et les stars oubliées, samedi à Montpellier

Michel Drucker : "On m’a longtemps cru aveugle, trop gentil." (DR)

Dans son nouveau livre, Michel Drucker rend hommage aux vedettes qui ont quitté la lumières des projecteurs. L'animateur est vendredi à Perpignan. Samedi, il sera en dédicace chez Sauramps à Montpellier, de 11 h à midi, et de 14 h 30 à 16 h 30. Rencontre.

Déjà dans vos livres précédents, la peur de l’oubli tenait une place importante. Après 50 ans de carrière, elle vous tenaille toujours ?

Plus que la peur de l’oubli, c’est le stress de la disparition, la peur de ne plus exercer ce métier que j’aime plus que tout. Avoir 70 ans et le continuer n’est plus un tabou. Regardez Aznavour, Line Renaud, Galabru…

Je n’aime que la durée. Ce que j’écris dans ce livre, c’est ce que tout le monde pense tout bas, les sportifs, les politiques, les acteurs. On a réussi sa vie quand on a duré sur le plan professionnel, sentimental, familial. Tout le reste est secondaire.

Vous rendez surtout hommage à ceux qui n’y sont pas parvenus…

Oui, c’est un hommage à tous ceux qui voulaient que ça dure et qui sont tombés du train, soit parce que le public ne voulait plus d’eux, soit qu’ils ont connu des pépins personnels, de santé. Je suis ulcéré par l’ingratitude.

Pour ne parler que des animateurs de télévision, je ne veux pas qu’on oublie Martin, Sevran, Danièle Gilbert - à qui je consacrerai le premier Vivement Dimanche de janvier. J’y tenais depuis longtemps. J’ai été élevé dans le devoir de mémoire et je ne pourrais pas faire ce métier sans mettre en lumière les autres - c’est une façon de renvoyer l’ascenseur - et tendre la main à ceux qu’on a oubliés.

On ne sort pas indemne d’une carrière où l’on a vu beaucoup de gens décapités en plein vol. J’en ai tant vu qui auraient tout donné pour revenir. Quand on tombe du train, on attend que le prochain passe, même si ce n’est plus un TGV, mais un simple TER.

"Plus je connais les gens célèbres", écrivez-vous, "plus j’aime les anonymes". Pourquoi ?

Parce que j’ai vu tellement de gens dans cet “ego système” qui ne pensent qu’à ça, que j’ai toujours considéré comme une obligation de garder le contact avec les gens, avec leur réalité… Ils en bavent aussi. Je tiens de mon père, qui était médecin de campagne, le goût des autres, une tendance naturelle à la bienveillance. Je me suis toujours méfié des paillettes. Depuis toujours, je sillonne la France, et je reste émerveillé par le lien qui me lie aux gens.

En 50 ans de carrière, j’ai été le gamin de la télé, puis le gendre, le papa et aujourd’hui, je suis le papy. Je suis encore là au bout de trois générations… Une nouvelle fois, c’est une histoire de mémoire.

Dans ce livre, vous n’êtes pas tendre avec certaines personnalités...

J’ai voulu montrer que dans ce métier, il y a un décalage entre l’image que donnent certains et ce qu’ils sont en réalité. Il était temps de le dire. Le commandant Cousteau qui a été, vingt ans, la personnalité préférée des Français, m’a glacé humainement. C’était le contraire d’une belle âme. Bécaud avait un ego surdimensionné qui le rendait antipathique même si je ne souhaite à personne de mourir comme lui d’un cancer de la mâchoire. Montand avait des convictions à géométrie variable, c’est le moins qu’on puisse dire…

On vous sent de plus en plus libre, soucieux de vous défaire d’une image longtemps lisse. Est-ce le privilège de l’âge ?

Je suis en fait conforme à ce que j’ai toujours été. Tout est une question de temps. Il m’a fallu des années pour arriver à montrer qui je suis. On m’a longtemps cru aveugle, trop gentil… Aujourd’hui, je n’ai plus de difficultés à montrer que j’ai de l’humour, que je suis lucide et pas toujours forcément bienveillant. Je ne suis dupe de rien, et sûrement pas de la célébrité.

Je dois cette distance à ma famille. Chez nous, les gens impressionnants, c’étaient les chercheurs, les grands médecins, les poètes… Que j’interviewe Mireille Mathieu, ça n’impressionnait personne ! Alors, ça vous calme pour de bon !

Propos recueillis par Laure Joanin

 


Catégories : Revue de presse

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