Michel Drucker : Il faut que je passe à autre chose

Publié le : 12/10/2015 à 12h36

Michel Drucker : Il faut que je passe à autre chose

« Le plus difficile est d’arrêter une émission qui marche. Il faut avoir le courage de partir. »

À 73 ans, la star de la télé se prépare à monter sur scène dans un one-man-show. Il vient de publier « Une année pas comme les autres ». La retraite, ce n’est pas pour demain !

Qu’avait cette année de si particulier pour avoir envie d’en faire un journal ?
C’était mes 50 ans de télé, les 50 ans de l’ORTF. On me présentait comme une figure emblématique de la télévision devant Léon Zitrone, Guy Lux et Jacques Martin et moi je me disais “Mon Dieu, je suis le seul survivant…”. J’ai appris que l’INA disposait de 5 000 heures de télévision ! Cinq décennies, 5 000 heures d’images, 100 heures de télévision par an pendant 50 ans ! Bref, en l’espace de quelques semaines, je me suis senti “Le César d’honneur”. C’était pour moi, le début de la sortie. J’ai senti qu’il fallait que j’appuie sur la touche “pause”. Cela a été ce livre et le spectacle que je roderai dès janvier en province.

Pourquoi ne pas être monté sur scène avant ?
J’y ai toujours pensé. Mais c’est maintenant ou jamais. J’ai 73 ans, 51 ans de télé. Si la télé s’arrête, je ferai ça.

Vous avez testé une partie de ce spectacle à Aix-en-Provence et avez fait le buzz malgré vous en dévoilant l’état de santé de Michel Delpech…
Internet a pris des phrases sorties de leur contexte. Personne ne m’a fait le moindre reproche à Aix. Ni Michel Delpech d’ailleurs que je vois toujours aussi régulièrement.

Votre année semble avoir été guidée par deux fils rouges : votre judéité, et la maladie de Michel Delpech…
C’est vrai. Mon père s’appelait Abraham et a fait baptiser ses enfants. Ce n’est pas banal : il a tout fait pour découdre l’étoile jaune. Mais la soirée que j’ai vécue au Palais des Congrès pour la Tsédaka a été une révolution. Plus de 3 000 personnes se sont levées pour m’applaudir. C’est comme si je faisais un coming out. Je n’avais pas enfoui tout ça mais mon père l’avait fait. Les événements de janvier ont fait que c’est aussi une année particulière. J’ai eu le besoin de parler de mes origines et aussi de Michel Delpech. Quand je le vois dans sa chambre, je note les livres qu’il me dit de lire.

Comment va Michel Delpech ?
Il va comme on va quand on a un cancer et qu’on connaît l’échéance. Il fait preuve d’un courage qui force le respect. Il se bat comme s’il voulait déjouer le pronostic des médecins.

Vous citez toujours « Nul ne guérit de son enfance » de Ferrat. Guérirez-vous un jour de votre enfance ?
Non on n’en guérit jamais. Toux ceux que je connais, connus ou pas, n’en ont pas fini avec leur enfance.

« La télévision de demain ne passera pas par vous cher Michel, vous êtes un homme du passé » : cette phrase de votre ancien patron Philippe Guilhaume est-elle encore une blessure ?
La preuve : j’ai rarement été aussi stressé que quand j’ai reçu ma nouvelle patronne, Delphine Ernotte !

Avez-vous imaginé qu’elle puisse être aussi stressée que vous ?
(Silence). Oui, probablement. On parle du couperet qui décapite les gens de télé mais on ne parle pas de ce qui se passe dans la vie des décideurs. J’étais stressé car elle a 48 ans, que ses premières déclarations étaient sur le rajeunissement de France 2. Tous les deux ans, il y a un animateur qui disparaît de la Ligue 1 pour aller sur les chaînes de la TNT. C’est légitime à mon âge de se demander combien de temps cela va durer.

Lui avez-vous parlé de votre envie d’animer un Late Show à l’américaine ?
Non. Mais ma femme m’en parle depuis 44 ans ! C’est vrai que j’en rêve depuis longtemps. Si je devais animer un Late Show, ce serait maintenant, d’ici un ou deux ans.

Comment avez-vous vécu le départ de Claire Chazal ?
Ce qui lui est arrivé m’a renforcé dans l’idée qu’il faut partir avant et au top. C’est plus facile à dire qu’à faire. Dans nos métiers, il ne faut pas partir trop tôt ni trop tard. J’y pense tout le temps. Est-ce que c’est maintenant qu’il faut que je parte pour rebondir ailleurs ou faut-il continuer quitte à faire la saison de trop ? Il faut une lucidité totale, un entourage en béton une grande intuition et une grande connaissance du métier.

Vous parlez de rebondir. Êtes-vous déjà dans le Late show dans votre tête ?
Oui bien sûr. Quand on fait une longue carrière, soit on le fait toujours dans la même émission comme Bernard Pivot, Jacques Martin et ses 22 années le dimanche après-midi, ou Claire Chazal et ses 24 ans de JT, soit on change d’émission au bon moment. À chaque fois, j’ai arrêté au bon moment sauf pour “Champs Élysées” où l’on m’a arrêté. Le plus difficile est d’arrêter une émission qui marche. Il faut avoir le courage de partir. Guilhaume m’a rendu service : il a stoppé “Champs Élysées” au top. Moi je sais qu’il faut que je passe à autre chose dans un an ou deux.

Pourquoi écrivez-vous ?
Parce qu’on est pris au sérieux quand on laisse une trace. Bien sûr il y a 5000 heures d’images de moi à l’INA mais ma vie a changé quand j’ai écrit « Qu’est-ce qu’on va faire de toi ». Quand je ne serai plus dans la lumière, les livres resteront. J’écris pour être reconnu. Mes parents m’auraient pris au sérieux seulement maintenant parce que j’ai reçu des politiques et que je reçois des écrivains. J’écris pour ça : pour être pris davantage au sérieux.

Par Nathalie MAURET


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