Michel Drucker: J'ai toujours été un homme de la province

Publié le : 07/12/2015 à 11h57

Michel Drucker: J'ai toujours été un homme de la province

«Celui qui est probablement un de mes meilleurs amis (j'en ai trois ou quatre), c'est Laurent Cabrol. Laurent, c'est le Sud Ouest.» L'homme se livre et se dévoile, à 73 ans, dans un de ses livres les plus intimes. Avant de se produire sur scène dans quelques mois. Il raconte ses joies, ses peines, l'amitié, la maladie et ceux qui sont déjà partis. Lui qui a reçu des centaines d'invités sur son désormais célèbre canapé rouge, se prête volontiers à l'exercice et joue carte sur table. Pour le public, c'est «Michel», et quand on le croise on lui demande des nouvelles de son chien, des anecdotes, des souvenirs…

Qu'est ce qui vous a poussé à passer de l'autre côté en écrivant votre «journal» ?

Plein de choses. Il y a un an et demi j'ai reçu un coup de téléphone d'un de vos confrères qui me disait, «Voilà, on va fêter les 50 ans de l'ORTF, c'est l'année de vos 50 ans de carrière, un sondage révèle que vous êtes l'animateur emblématique de l'histoire de la télévision. Il m'explique également le projet du train de la télé qui allait sillonner la France, avec un wagon qui m'était consacré. Tout ça ressemblait à un césar d'honneur et subitement j'ai eu l'impression que j'étais mort. Un autre sondage disait que j'étais le senior préféré des seniors, l'idole des vieux en quelque sorte. J'ai pris conscience que j'avais connu trois générations d'hommes politiques, de chanteurs, d'artistes en tous genres. et je n'avais jamais vraiment regardé derrière. Je me suis dit, c'est une année incroyable, je vais m'arrêter et j'ai eu l'idée de me retourner sur mon agenda de l'année 2014 -2015. C'était l'occasion de faire une pause, une réflexion pour savoir ce qui a le plus changé dans ma vie. Toutes ces émotions, j'ai voulu les raconter. C'est l'envie de regarder dans le rétroviseur de ma carrière mais aussi de ma vie. Il y a plein de choses qui sont revenues à la surface. Mes origines, mes racines, mon père, le mémorial de la Shoah...

Il y a des passages très forts, on a l'impression que, peut-être pour la première fois, vous fendez l'armure ?

J'avais parlé de mon enfance, de mon frère, j'ai fait un livre sur la fragilité de ce métier mais en réalité je n'avais jamais vraiment parlé de moi. Je n'ai plus 20 ans, 50 ans de télé ça vous change un homme, mais avoir 73 ans ça vous change aussi un homme. J'ai voulu mieux comprendre qui était mon père en allant sur ses traces. J'ai voulu aller à Drancy… Tout ça donne ce livre un peu grave, et parfois léger heureusement.

Vous évoquez un voyage en Ukraine sur les traces de votre famille...

Malheureusement, c'est compliqué, parce l'ex -Bukovine d'où viennent mes parents, ancienne province de Roumanie est désormais en Ukraine, pays en guerre. Je veux aller à la frontière, le plus proche possible, à 15 km du village où sont enterrés mes grands-parents. Je voudrais m'imprégner de ce ciel et mettre des images sur la région d'où je viens. Je bouclerai la boucle de l'enfance et de mes racines en allant à Auschwitz.

Vous revendiquez aussi vos origines provinciales, ce n'est pas «parisiennement correct» ?

Ça, c'est clair, je ne suis pas du tout parisien. Je suis extrêmement attaché à la province. Je connais la France par cœur. La France des régions, c'est ma vie. Ma vie de reporter sportif quand j'ai commencé. Il n'y a pas un stade, un endroit où je ne suis pas allé commenter des matchs. La province, c'est d'abord mon enfance, c'est la vie d'un petit médecin de campagne comme il y en a dans plein de régions du Sud Ouest que vous connaissez. Je suis un enfant de la province, des stades et de la vraie France, de la France profonde. Celui qui est probablement un de mes meilleurs amis (j'en ai trois ou quatre), c'est Laurent Cabrol. Laurent, c'est le Sud Ouest. J'allais à Mazamet, à Castres ou Albi, à Toulouse. j'allais au rugby avec Roger Couderc. Dans ma petite enfance j'ai passé des vacances à Carmaux. j'ai toujours été un homme de la province, et je me suis toujours senti de passage à Paris. Mes rapports et mes réactions avec ce métier sont ceux de quelqu'un qui n'appartient pas du tout à cet univers. J'ai toujours été assez en retrait et assez sur mes gardes dans le rapport avec le parisianisme, le monde des élites, les donneurs de leçons, ceux qui savent tout mais qui ne savent pas ce qu'il se passe de l'autre côté du périphérique.

Pour reprendre une expression que vous citez dans votre livre, qu'est que ça fait d'avoir été «vendu avec le poste» ?

C'est très étrange. Pour la première fois j'ai essayé d'analyser ce rapport étrange que j'ai avec ce pays, pourquoi les gens viennent me voir. Je vois dans leur regard quelque chose de particulier . Sur 50 ans de carrière,j'en ai passé 45 ans le week-end, je suis l'homme du week-end, des samedis soirs et des dimanches après-midi.Le week-end, on ne regarde pas la télé comme on la regarde en semaine, on n'a pas a regarder sa montre parce qu'on n'a pas à aller au boulot le lendemain. Qu'on le veuille ou non, je vois bien que le dimanche, on se retrouve en famille, le repas du dimanche est sacré et on prend le café dans un canapé qui ressemble souvent au mien. C'est un rendez-vous familial.

Vous vous transformerez en Docteur sur scène?

Oui c'est une envie que j'ai depuis très longtemps. Pour mon spectacle, les dernières 20 minutes, je vais me transformer en médecin, je vais être ce que je rêve d'être depuis l'enfance. À un moment donné, c'est le docteur Drucker qui sera sur scène. Je vais faire monter des gens sur scène, je vais les examiner en étant le plus crédible possible et c'est de cette manière-là que je rendrai hommage à tous ceux qui me manquent et qui m'ont laissé des souvenirs très forts, je leur rendrai hommage à la manière d'un médecin qui aurait aimé les soigner et qui aurait aimé les guérir. Je rendrai hommage à Coluche, Desproges, Balavoine, Ferrat, Dalida, Girardot, Romy Schneider, Michel Berger...


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