Michel Drucker, le magnifique

Publié le : 13/07/2014 à 15h36

Michel Drucker, le magnifique

Début juillet 1964, un inconnu aux allures d’adolescent pousse la porte des studios Cognacq-Jay... Qui, alors, pouvait prédire qu’il entrerait dans l’histoire de la télé ? Flash-back.

Premier entretien d’embauche

"Quand j’arrive dans le bureau de Raymond Marcillac, patron du service des sports de l’ORTF à l’époque, je sors du service militaire. Cet été 1964, j’ai 22 ans, j’en parais 16. Il a eu pitié de ma jeunesse. Faute de pouvoir m’engager, il m’a proposé un stage gratuit de quelques jours au service des sports qui se préparait pour les jeux Olympiques de Tokyo. Ils m’ont gardé..."

Premier jour à la télé

"J’ai visité les six étages de Cognacq-Jay en long et en large. J’ai croisé Catherine Langeais et Jacqueline Huet à la cafétéria, les trois Pierre (Lazareff, Desgraupes et Dumayet) de 5 colonnes à la Une dans le couloir du second étage, Léon Zitrone qui filait à Vincennes et Thierry Roland m’a offert un café avant de m’emmener au Parc des Princes dans sa Triumph TR3. J’avais l’impression de rêver."

Première fois qu’on le reconnaît dans la rue

"En mars 1965, en prenant mon bus, le 80, à 7h du matin, place Clichy, pour me rendre à Cognacq-Jay, j’ai la surprise de voir que les voyageurs me regardent comme une bête curieuse. Un vieux monsieur charmant agite son journal et me lance : « Alors, ça va mieux depuis hier soir ? » Pour tous les Français, depuis la veille, j’étais devenu « le gamin qui tremble ». C’était mon premier passage à l’antenne. Léon Zitrone et Roger Couderc m’avaient demandé de remplacer au pied levé un journaliste de Sports dimanche (un direct, après le JT). Seul face caméra, je devais donner des résultats sportifs inscrits sur des feuilles que je tenais dans les mains. Les douze minutes les plus longues de ma vie."

Première intervention à l’antenne

"Nous, les jeunots, assurions les commentaires cabine. Sur un film d’une ou deux minutes, nous intervenions en voix off. Mon premier commentaire avait pour sujet le cross-country de Mézidon, près de Caen, remporté par Alain Mimoun (le champion algérien avait été médaille d’or au J.O. de Melbourne huit ans plus tôt). Je me souviens qu’il n’y avait pas d’argent pour le vainqueur... mais une dotation d’une tonne de charbon."

Première interview de vedette

"Salvatore Adamo dans Tilt Magazine, ma première émission de variétés (de 1966 à 1968). Le chanteur venait d’enregistrer Les Filles du bord de mer. Nous avions tourné au stade d’Anderlecht avec Paul Van Himst, le Zidane belge de l’époque."

Premiers copains dans le show-biz

"Johnny Hallyday (Da dou ron ron, meilleur hit-parade 64) et Claude François (concert mémorable à l’Olympia, la même année), que j’ai vu débuter. À la télévision, Stéphane Collaro, qui faisait des commentaires cabine comme moi, et Thierry Roland, qui m’a tout de suite pris sous son aile. Mais imaginez en cinquante ans, tous les grands pros que j’ai croisés et qui ont disparu depuis... Avec Pierre Tchernia, Pierre Bellemare et Philippe Bouvard, je suis un des derniers Mohicans..."

Première couverture de Télé 7 Jours

"Le 6 janvier 1968. Mes parents étaient bluffés ! Le lendemain de la parution, j’ai reçu mille cartes postales avec mon portrait orné du logo de Télé 7 Jours pour les dédicacer à mes fans. Je les ai rapidement épuisées."

Propos recueillis par Philippe Lecardonnel

 


Catégories : Revue de presse

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