Michel Drucker: Tout ce qui m'arrive n'est que du bonus

Publié le : 23/06/2014 à 11h00

Michel Drucker: Tout ce qui m'arrive n'est que du bonus

« Il fallait que j'écrive quelque chose sur la fragilité de ce métier et du succès. La liste est longue de ceux que j'ai connus qui étaient en haut et ont été des étoiles filantes », confie Michel Drucker. Reuters

Cet été, il présentera l’émission L’été indien, sur France 2. Mais en attendant il sera cet après-midi à Grasse pour dédicacer son troisième ouvrage et demain au Festival du livre de Nice

Figure incontournable du petit écran, Michel Drucker est, à 72 ans bientôt, un homme sans cesse en mouvement qui ne connaît pas l'ennui et s'étonne encore de tout ce qui lui arrive. Après cinquante ans de carrière !

« Homme du week-end », comme il se qualifie, il a su toucher toutes les familles françaises depuis trois générations. Une longévité unique dont il nous livre les étapes et les secrets. Avant sa dédicace, ce soir à 17 heures chez Arts et livres, à Grasse et, demain, au Festival du livre de Nice pour présenter son troisième ouvrage, De la lumière à l'oubli.

On vous connaît à la télévision, mais moins sur les salons du livre.

Oui, c'est assez nouveau pour moi. Je découvre un univers. Mon vrai bonheur ce sont mes livres et aller à la rencontre des lecteurs. Ce qui me touche, c'est que tous ceux qui ont lu mes livres me disent ne plus me regarder de la même façon.

C'est votre troisième livre et toujours et encore le succès.

J'ai fait trois livres qui ont eu un écho important. Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? dont je m'étonne encore qu'il ait dépassé les 450 000 exemplaires et connu un gros succès dans son adaptation à la télévision. C'était très étrange de me voir dans un biopic de mon vivant. Ensuite, Rappelle-moi,en hommage à mon frère Jean, disparu il y a onze ans. Et puis ce dernier livre sorti en novembre, De la lumière à l'oublipour lequel j'ai fait un véritable tour de France. Après Nice samedi [demain, ndlr], Cannes dimanche et deux autres villes cet été, j'en aurais visité quarante ! C'est la première fois que je fais une tournée aussi longue.

Cet ouvrage est-il une façon de mettre en garde les gens sur cette perpétuelle recherche du succès ?

De la lumière à l'oubli est un livre qui me tient beaucoup à cœur. J'ai voulu écrire un livre sur la fragilité de notre métier. Du métier public, des hommes publics, qu'ils soient politiques, acteurs, écrivains, hommes de télévision et même sportifs. J'ai voulu expliquer ce qu'était le passage de la lumière à l'oubli. On me demande tellement comment j'ai fait pour être encore là après tant d'années, que j'ai fini par me dire qu'il fallait que j'écrive quelque chose sur la fragilité de ce métier et du succès. La liste est longue de ceux que j'ai connus qui étaient en haut et ont été des étoiles filantes. Je suis arrivé dans ce métier à 22 ans, je travaillais avec Léon Zitrone qui n'en avait pas loin de 50 et je me disais que jamais je ne serais encore là à 50 ans. Dans ce livre, en parlant des autres, je parle indirectement de mon inquiétude qui ne m'a jamais quittée. Mais avec cinquante ans de carrière, je trouve ça tellement miraculeux que tout ce qui m'arrive n'est que du bonus. Nous sommes quelques-uns à avoir passé quarante ans de carrière, mais cinquante ans, je crois que je vais être tout seul !

Pensez-vous sérieusement à vous arrêter ?

Quand on fait ce métier depuis 50 ou 60 ans et que je vois Line Renaud à 85 ans, Charles Aznavour à 90 ans, Michel Galabru qui en aura 92 en octobre, je me dis que je suis encore un gamin. Si ces gens-là continuent, c'est que si on leur enlève ça, on leur enlève leur passion. Mon père faisait encore des accouchements un mois avant de mourir et il avait 80 ans. Le mot retraite n'existe pas. Dans les métiers difficiles, et malheureusement de nombreux Français font un métier pour gagner leur vie et pas par passion, je comprends qu'on attende la retraite avec impatience. Mais arrêter une passion c'est très compliqué. Dans notre métier, celui qui décide c'est le téléspectateur. Avec un instrument qui n'existait pas quand j'ai commencé et qui a tout changé : la télécommande.

Quel est le secret de votre longévité ?

J'ai eu pour spécialité de ne pas en avoir. J'ai toujours été polyvalent. Tout ce qui m'arrive m'étonne. Mais j'ai dû sans doute travailler plus que les autres. J'ai dû faire très attention à ma santé, car je suis hypocondriaque ! J'ai toujours été d'une très grande lucidité. L'argent et le succès ne m'ont pas ébloui. Au début de ma carrière, où j'ai connu très vite la notoriété, mon salaire était modeste. On ne regarde pas la télévision en week-end comme en semaine. Sur cinquante ans de carrière j'en ai passé quarante-cinq soit le samedi soir, soit le dimanche après-midi. Je touche toutes les familles et toutes les générations. La seule chose que je n'ai pas faite c'est le 20-H. Mais Marie, ma nièce, le fait très bien.

Le repos, ce n'est donc pas pour vous ?

Je me repose mais je suis très organisé. J'ai arrêté la radio cette année. Je fais beaucoup de sport. Je ne fréquente pas les gens de ce métier. Je passe ma vie avec des gens célèbres mais une fois que j'ai fermé mon cabinet ... [rires] On ne demande pas à un médecin de passer la soirée avec ses malades. Je suis très proche de ces personnes mais j'ai gardé un recul incroyable sur ce métier. Et sur ça, je n'ai pas changé d'un pouce.

Cet été, on vous retrouvera le samedi soir sur France 2 ?

Je pars mardi prochain pour Montréal où je vais commencer une deuxième carrière sur le tard : je vais coprésenter un talk-show qui sera diffusé en août à la place de l'émission de Laurent Ruquier, le samedi soir. Cela va s'appeler L'Été indien. Et le 20 juillet, j'aurai fini. J'irai donc en Provence passer mes vacances.

Nice a aussi une place particulière dans votre cœur ?

Oui, je connais bien cette ville. Je suis d'ailleurs un fan de la première heure de l'OGC Nice, et notamment de Robert Herbin, qu'on appelait « Le Sphinx ». Mon père avait aussi une cousine qui habitait le quartier des Musiciens. Et puis les studios de Radio Chalom Côte d'Azur, porte le nom de mon frère Jean-Drucker. C'est assez émouvant pour moi de venir car cette semaine cela fera aussi cinquante ans que je fais de la télévision. Il y a cinquante ans, je poussais les portes du service des sports de la télévision. J'ai suivi Yannick Noah qui faisait sport étude à Nice. J'avais aussi un grand ami écrivain, Louis Nucéra, qui m'a connu à mes débuts et m'a un peu donné le virus du vélo. Sa mort tout près de Nice reste d'ailleurs une tragédie pour moi.

La Coupe du monde de football a débuté. Impossible pour vous de manquer ça ?

Je vais la regarder, bien sûr. Et je vais faire ce que je fais de temps en temps : baisser le son et commenter pour voir si je suis toujours dans le coup !

 


Catégories : Revue de presse

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